Il semble que l’implantation d’un passeport vaccinal soit sur les lèvres de nombreux politiciens. Mais quelle est la position de l’État français sur le sujet ?

Dans une entrevue accordée à Eventiz Media Group le 22 février dernier, Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État au tourisme, a abordé un sujet chaud : l’implantation d’un passeport vaccinal en France. Alors que de nombreux pays – tels qu’Israël, l’Espagne et la Grèce – ont récemment annoncé vouloir mettre en place un tel passeport, l’État français se montre un peu plus frileux à l’idée de déployer ce précieux document qui permettrait aux Français vaccinés de se déplacer sans restriction. Une vue d’ensemble.

Les tests antigéniques, l’alternative ?

Plusieurs pays pour lesquels le tourisme est d’une importance capitale pour leur économie se penchent actuellement sur la question de l’implantation du passeport vaccinal afin de tenter d’attirer un maximum de voyageurs lorsque les restrictions d’entrée seront levées. En Israël, les discussions sont même déjà terminées : le passeport vaccinal sera mis en place dès la semaine prochaine.

Vaccin pour le coronavirus

Du côté de la France, toutefois, il semble que le gouvernement ne partage pas l’opinion généralisée du moment. Tout comme l’a mentionné la Commission européenne lors du dernier Conseil européen consacré à la crise sanitaire, la situation autour de la transmission des personnes vaccinées serait trop peu claire.

« Le passeport vaccinal est prématuré. On ne sait pas encore si le fait d’être vacciné à des conséquences sur la transmission du virus et sur la capacité à ne pas contaminer d’autres personnes. La seule chose qu’on sait, c’est que le vaccin permet d’éviter de contracter une forme dangereuse du coronavirus. »

Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État au tourisme

À en croire les propos de Jean-Baptiste Lemoyne, le passeport vaccinal ne sera jamais implanté en France, « pas même lorsque la majorité des Français seront vaccinés. » L’État plaide plutôt en faveur d’une alternative à ce concept de plus en plus populaire. Une alternative qui pourrait se trouver du côté d’une plus grande distribution des tests antigéniques.

« La réponse pérenne pour pouvoir remettre de la visibilité dans la mobilité, c’est – plutôt que de développer un passeport vaccinal – de pouvoir déployer, de façon toujours plus fiable et plus importante, des tests antigéniques rapides, puisque ce sont ces derniers qui permettent de s’assurer qu’un individu n’est pas porteur du coronavirus. »

Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État au tourisme

Bien entendu, à l’heure actuelle, la performance des tests antigéniques est nettement inférieure à celle des tests PCR. Les tests rapides ne sont pas encore suffisamment fiables pour qu’une stratégie de distribution à grande échelle soit mise en place. Le gouvernement ferait toutefois activement pression sur les différentes sociétés privées et publiques afin que la performance de ces tests soit accrue.

L’accroissement de la performance des tests antigéniques rapides et la distribution à grande échelle de ceux-ci éviteraient les enjeux éthiques que met de l’avant la mise en place d’un passeport vaccinal.

Selon Jean-Baptistque Lemoyne, le passeport vaccinal ne sera pas développé en France, car les enjeux éthiques sont « considérables. » Il y aura donc toujours une alternative au passeport vaccinal, car ce n’est pas toute la population française qui acceptera de se faire vacciner. Et on doit éviter à tout prix d’avoir « une France à deux vitesses, dans laquelle certains auront des droits et d’autres non. »

Solution européenne

Bien entendu, l’État français n’est pas le seul à avoir son mot à dire sur l’implantation du passeport vaccinal. La décision finale sera prise par la Commission européenne.

« On a besoin d’avoir des outils qui nous permettront d’être interconnectés, mais cela renvoie à la Commission européenne de mettre en place de tels outils. »

Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État au tourisme

Des secteurs privés et publics travailleraient déjà sur des solutions, quoiqu’on en sache que très peu sur le sujet à l’heure actuelle. Il est cependant primordial pour le retour de la mobilité et l’industrie touristique que des décisions soient prises quant à la mise en place de solutions visant à éviter les strictes conditions d’entrée imposées par la plupart des gouvernements européens.

D’ailleurs, il n’y a pas que l’Union européenne qui devra se mettre en accord sur l’implantation de stratégies visant à sécuriser la mobilité, les déplacements ne se faisant pas qu’en Europe. Afin de permettre la relance des vols long-courriers, il ne sera pas suffisant de trouver une solution européenne. Les gouvernements devront donc trouver une « solution internationale à développer avec l’Organisation mondiale du tourisme. »

Le passeport vaccinal en France en bref

Les restrictions seront-elles les mêmes entre les voyageurs de loisir et les voyageurs d’affaires ? Les quarantaines obligatoires perdureront-elles ? Les voyageurs vaccinés auront-ils quand même le droit à certains avantages ? Tant de questions auxquelles nous n’avons toujours pas de réponses. Tout ce qui semble être clair, pour l’instant, est que le passeport vaccinal, s’il en venait à être implanté en France, ne sera pas le seul outil permettant de retrouver une vie normale en raison de l’aspect éthique derrière l’implantation de ce document. L’État se doit toutefois d’accélérer sa recherche sur le développement de tests antigéniques plus efficaces s’il veut que sa stratégie visant à éviter « une France à deux vitesses » soit fonctionnelle.

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Ayant une soif insatiable de voyages et de découvertes, Vicky est constamment à la recherche de nouveaux pays à explorer et de nouvelles cultures dans lesquelles s'immerger. Si vous avez des questions ou des commentaires, n'hésitez pas à la contacter par courriel et il lui fera un plaisir de vous répondre.

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