Le tourisme durable est un concept de plus en plus en vogue auprès de la grande communauté de voyageurs. Mais qu’est-ce que c’est ? Et comment réellement arriver à limiter son impact environnemental en voyage ?

L’industrie du tourisme est en pleine croissance. Enfin, avant l’apparition du coronavirus. Toutefois, alors que le nombre de personnes infectées par le coronavirus est de plus en plus contrôlé, l’industrie du tourisme risque de bientôt reprendre du poil de la bête. Beaucoup de voyageurs à travers le monde n’attendent qu’une chose : sauter dans un avion et parcourir des milliers de kilomètres afin d’atteindre une destination lointaine qui ne demande qu’à être découverte. Mais comment faire du tourisme durable ?

Alors que le jour du dépassement de la Terre a reculé de trois semaines cette année en raison du ralentissement de l’activité humaine causé par le coronavirus, il ne faudrait pas que la reprise de l’activité humaine viennent contrecarrer tous les efforts ayant été réalisés au cours des derniers mois.

On vous dévoile donc comment faire du tourisme durable et, par conséquent, limiter votre impact environnemental lors de vos prochains voyages. Car oui, il est possible de continuer à voyager dans le luxe tout en respectant l’environnement.

Qu’est-ce que le tourisme durable ?

Selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), la définition conceptuelle du tourisme durable est la suivante :

« Le tourisme durable est un tourisme qui tient pleinement compte de ses impacts économiques, sociaux et environnementaux actuels et futurs, en répondant aux besoins des visiteurs, des professionnels, de l’environnement et des communautés d’accueil. »

Le tourisme durable est donc une façon de voyager qui respecte au mieux les enjeux de développement local, de protection de l’environnement et de rencontre avec les populations.

Quels sont les piliers du tourisme durable ?

Le concept de tourisme durable repose ainsi sur trois axes principaux : avoir un impact positif et économique sur les populations locales tout en ayant une incidence minime sur l’environnement.

  • L’économique locale : Le tourisme durable vise à participer à l’épanouissement des populations locales. Pour cela, les voyageurs doivent s’engager à participer à l’économie du pays visité et à promouvoir de meilleures conditions de travail en assurant une rémunération juste aux prestataires.
  • L’environnement : Le tourisme durable vise à préserver les ressources naturelles locales, notamment en privilégiant des destinations respectueuses de la nature et de leur écosystème.
  • Les populations locales : Contrairement au tourisme de masse, le tourisme durable promeut la rencontre des voyageurs avec les populations locales. Le but est de garantir des rencontres authentiques afin de découvrir la culture du pays visité.

Comment limiter son impact environnemental en voyage ?

L’impact environnemental est un concept apparu dans les années 1990 qui permet d’évaluer la pression qu’une population exerce sur les ressources naturelles, notamment sur la capacité de la nature à se renouveler et à absorber les rejets. Plus la demande en ressources est importante, plus elle génère de déchets et plus l’impact environnemental est grand.

En voyage, il existe de nombreux petits trucs qui permettent aux voyageurs de limiter leur impact environnemental et de participer au développement du tourisme durable.

1. Voyager plus léger

En avion, plus la charge à transporter est importante et plus le moteur doit consommer du carburant. D’après Air France, un kilogramme en moins à bord permet d’économiser 69 tonnes d’émissions de CO₂ par an. Les constructeurs aéronautiques travaillent ainsi activement à réduire le poids de leurs appareils pour minimiser leur consommation énergétique, notamment via l’utilisation de matériaux composites plus légers que le métal.

D’ailleurs, outre en renouvelant leur flotte, les compagnies aériennes prennent toutes sortes de mesures pour limiter leur impact environnemental. KLM Royal Dutch Airlines, par exemple, a tenté de réduire son poids en réduisant le poids des trolleys, en supprimant les journaux papier (ce qui, à première vue, semble bien banal, mais à tout de même permis de réduire 360 000 kg à bord de ses avions) et en enlevant des couches de peinture sur l’extérieur des avions.

L’idée d’une valise minimaliste n’est donc pas un simple concept philosophique, mais bien un facteur de réduction d’empreinte carbone.

2. Compenser l’empreinte carbone de ses vols

Il est possible de compenser l’empreinte carbone de ses vols en payant un montant additionnel aux compagnies aériennes lors de l’achat d’un billet d’avion. Avec Air France et KLM, par exemple, il est possible de compenser directement ses vols au moment de la réservation. Il en est de même pour les compagnies aériennes low cost, telles que Ryanair et Easyjet.

Air France Flying Blue

Le principe de compensation de l’empreinte carbone repose sur l’idée suivante : un passager peut annuler son impact environnemental en investissant volontairement dans un projet environnemental qui permettra d’économiser la même quantité de CO₂ à l’échelle de la planète.

Il s’agit donc plutôt d’un don à des actions qui présentent un intérêt écologique tout en favorisant des projets de développement durable, tels que des projets de reforestation, de performance énergétique ou de développement d’énergies renouvelables.

3. Utiliser les transports en commun pour visiter les villes

Cela peut sembler banal à première vue, mais il s’agit d’un moyen non négligeable de limiter son impact environnemental et faire du tourisme durable. Prendre le bus, le métro et le tramway est une façon bien plus écologique de voyager que de prendre le taxi.

Si vous visitez une ville développée ayant un bon réseau de pistes cyclables, se déplacer en vélo libre-service peut également être une façon écologique de découvrir le meilleur de ce qu’une ville a à offrir.

4. Choisir des professionnels impliqués

Le choix de prestataires peut avoir un grand impact environnemental lorsqu’on voyage. En effet, il faut garder en tête que certains tour-opérateurs, guides, compagnies aériennes et chaînes hôtelières de luxe sont plus écologiques que d’autres.

Pour certaines grandes entreprises, il est primordial d’avoir un impact socio-culturel dans la population dans laquelle elles sont installées. Ces entreprises proposent donc des produits ou des services en collaboration avec des prestataires engagés dans le développement d’un tourisme durable.

Dans l’hôtellerie, par exemple, tous les hôtels français possédant le label La clef verte imposent le respect de la nature et des personnes en maîtrisant leurs consommations en eau et en énergie, leur gestion environnementale des déchets et la valorisation des acteurs et des atouts naturels du territoire.

Les hôtels et restaurants de luxe Relais & Châteaux sont également cités en exemple, car ils valorisent et préservent la diversité des cuisines et des hospitalités du monde afin de lutter contre la standardisation excessive au sein de l’industrie hôtelière.

5. S’informer sur la pratique du pourboire et les limites du marchandage

Chaque pays a ses us et coutumes et l’importance du pourboire varie selon les cultures. S’informer sur la pratique du pourboire est une bonne façon de participer au développement économique des populations locales. En donnant le pourboire adéquat aux chauffeurs, aux serveurs, aux guides ainsi qu’à tous les individus au service des voyageurs est une façon de participer activement au développement économique de la population.

Le même concept s’applique au marchandage. Si, dans certaines destinations, il est d’usage de négocier, le marchandage n’est pas approprié dans tous les pays.

Chez certaines communautés latino-américaines, le prix n’est pas négociable et souvent fixé sur des critères très précis. Parfois même, il est approprié de donner une prime pour le développement, comme c’est d’ailleurs d’usage dans le commerce équitable pour garantir un « prix juste. »

6. Trier les déchets

Puisque le tri des déchets est différent d’un pays à l’autre, faire le tri à l’étranger peut s’avérer être un véritable casse-tête. Il est donc important de s’informer des différentes mesures de tri avant de commencer à tenter de trier les déchets correctement, selon ses propres coutumes.

D’ailleurs, certains pays ne trient pas les déchets. Lorsque cela est le cas, il est recommandé de porter une attention particulière à l’usage de certains produits. Il serait alors préférable d’utiliser les produits avec le moins d’emballage possible, tels que des savons en barre plutôt que des savons en bouteille.

7. Faire attention à sa consommation d’eau

Certains pays ont moins de ressources en eau que d’autres. Il est donc conseillé de faire attention à a sa consommation d’eau lorsqu’on se trouve dans un endroit où l’eau est considérée comme une denrée rare.

Il n’est pas rare que Majorque, par exemple, en vient en manquer d’eau lorsque les touristes affluent sur l’île pendant la période estivale. C’est normal, puisqu’en tant que population balnéaire particulièrement populaire auprès des Européens, le nombre d’individus sur l’île augmente considérablement pendant les mois les plus chauds de l’année. En juillet et en août, les parts des ressources en eau doivent être partagées entre beaucoup plus d’individus, ce qui contribue à la sécheresse.

Majorque, en Espagne

Faire attention à sa consommation d’eau, soit en évitant de prendre plusieurs douches par jour ou en essayant de réduire le nombre de minutes sous le pommeau, est donc une façon de contribuer au respect des populations locales.

8. Économiser l’énergie

L’énergie n’est pas produite de la même façon dans tous les pays du monde. De nombreux pays utilisent encore des énergies fossiles afin de produire leur électricité, ce qui fait en sorte que la consommation d’énergie peut avoir un plus grand impact environnemental en voyage qu’à la maison.

Afin de réduire sa consommation d’énergie, de nombreux petits trucs existent au quotidien. Saviez-vous que laisser ses appareils en veille peut représenter jusqu’à 10 % de sa facture d’électricité ? Éteindre son ordinateur ou son téléphone portable la nuit est un petit geste qui peut ainsi avoir un grand impact. Qui plus est, le simple fait de laisser brancher un transformateur consomme de l’énergie. Il est donc recommandé de débrancher ses appareils des prises de sa chambre d’hôtel lorsqu’ils ne sont pas en fonction.

9. Respecter les règles affichées

Cette règle s’applique à tous ceux qui aiment aller se promener dans les parcs nationaux. Lorsqu’il y a un signe indiquant qu’il est préférable de prendre un chemin plutôt qu’un autre, il est important de le respecter. Ces signes servent à assurer la protection de la biodiversité face au tourisme de masse et ainsi favoriser le tourisme durable.

Par conséquent, il est recommandé de toujours marcher là où il y a un chemin et de ne pas tenter de franchir les frontières lorsqu’il y en a, aussi tentant que celui puisse être.

10. Ne pas prélever de souvenirs dans les espaces naturels

Il est également important de veiller à ne pas prélever des souvenirs dans les sites naturels et archéologiques protégés. Encore une fois, cette règle vise à protéger la biodiversité face au tourisme de masse. Si chaque voyageur ramenait un élément naturel d’un site protégé à la maison, ce site en question se retrouverait rapidement complètement vide.

Si vous faites de la plongée dans un site protégé ou de la randonné dans un parc national, il est donc interdit par la loi de ramener quoi que ce soit avec soi, tel qu’un caillou ou un coquillage.

Le tourisme durable en bref

Certes, tous les petits gestes visant à réduire l’impact environnemental peuvent sembler particulièrement banals au premier coup d’œil. Toutefois, c’est un posant de petits gestes écologiques en voyage que le tourisme deviendra plus durable, et ce malgré l’explosion du tourisme de masse. Bien entendu, tous les points mentionnés précédemment ne sont que des conseils. Il peut être difficile de changer ses habitudes, alors il est recommandé de commencer en choisissant un ou deux points et d’y concentrer ses efforts.

Foire aux questions

Qu'est-ce que le tourisme durable ?   +

Selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), la définition conceptuelle du tourisme durable est la suivante : « Le tourisme durable est un tourisme qui tient pleinement compte de ses impacts économiques, sociaux et environnementaux actuels et futurs, en répondant aux besoins des visiteurs, des professionnels, de l’environnement et des communautés d’accueil. »

Quels sont les piliers du tourisme durable ?   +

Le concept de tourisme durable repose ainsi sur trois axes principaux :

  • L’économique locale : Le tourisme durable vise à participer à l’épanouissement des populations locales. Pour cela, les voyageurs doivent s’engager à participer à l’économie du pays visité et à promouvoir de meilleures conditions de travail en assurant une rémunération juste aux prestataires.
  • L’environnement : Le tourisme durable vise à préserver les ressources naturelles locales, notamment en privilégiant des destinations respectueuses de la nature et de leur écosystème.
  • Les populations locales : Contrairement au tourisme de masse, le tourisme durable promeut la rencontre des voyageurs avec les populations locales. Le but est de garantir des rencontres authentiques afin de découvrir la culture du pays visité.

Auteur

Passionnée de voyages et de découvertes, Vicky est constamment à la recherche de nouveaux pays à explorer et de nouvelles cultures dans lesquelles s'immerger. Si vous avez des questions ou des commentaires, n'hésitez pas à la contacter par email et il lui fera un plaisir de vous répondre !

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