Au Québec, le projet de loi qui proposait la fin de la classification par étoiles obligatoire des hôtels vient d’être adopté.

Désuète pour certains, nécessaire pour d’autres, la classification par étoiles dans le secteur de l’hôtellerie est aujourd’hui plus que jamais remise en question. Au Canada, et plus précisément au Québec, le projet de loi proposant la fin de la classification par étoiles obligatoire des hôtels vient d’être adopté. Les hôtels ne seront donc plus contraints d’afficher un panonceau de certification en façade. Qu’en pense l’industrie hôtelière du Québec ? Une vue d’ensemble.

Fin de la classification obligatoire

Au Québec, tous les hôtels et gîtes étaient jusqu’à présent contraints de se faire classifier en nombre d’étoiles ou de soleils. La semaine dernière, cependant, le projet de loi 100 proposé par la ministre du Tourisme du Québec, Caroline Proulx, qui suggère la fin du système de la classification par étoiles obligatoire des hôtels, a été adopté.

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Les hôtels de la région francophone du Canada ne seront donc plus contraints de se faire classifier et d’arborer un panonceau étoilé en façade. Après avoir validé auprès de la municipalité que leur projet est conforme à la réglementation municipale, ils obtiendront un numéro d’enregistrement, avec lequel ils pourront s’enregistrer en ligne et remplir une déclaration annuelle de l’offre d’hébergement et des services offerts.

Un modèle désuet et inadapté

Instauré en 2002, le programme obligatoire de classification supervisé par la Corporation de l’industrie touristique du Québec (CITQ) a été jugé inadapté à la réalité actuelle par des experts et des acteurs de l’industrie hôtelière de la province. Celui-ci mentionnait que des agents de classification devaient visiter et évaluer tous les deux ans les quelque 1300 établissements hôteliers de la province en fonction d’un imposant guide de 150 pages, dont la dernière édition remontait à 2012 et ne tenait pas compte des dernières tendances en matière de design intérieur.

Certains hôtels, dont le service était excellent et la qualité supérieure à de nombreux autres, n’arrivaient donc parfois même pas à avoir une étoile. « L’adhésion [à un système de classification] sera volontaire. Ça n’obligera donc plus une personne à entreprendre une démarche dans laquelle elle ne croit pas », a déclaré Yves Zahra, directeur général de Tourisme Centre-du-Québec.

Selon la ministre du Tourisme du Québec, le modèle de classification était devenu désuet, à une époque où les avis de voyageurs sur des sites comme TripAdvisor exercent une influence notable chez les clients potentiels.

« Ce n’est pas au gouvernement du Québec de juger de la qualité de l’expérience d’un établissement d’hébergement touristique, mais bel et bien aux consommateurs. »

Caroline Proulx, ministre du Tourisme du Québec

Comme les hôtes se laissent de plus en plus influencés par les critiques d’autres consommateurs, le système de classification obligatoire était dépassé. La majorité des consommateurs regardent les commentaires d’autres individus sans même porter attention aux étoiles que compte un établissement. Selon un sondage CROP-La Presse mené en 2015, moins d’un voyageur québécois sur dix se disait influencé par les étoiles affichées par un établissement lorsque venait le temps de choisir un lieu d’hébergement.

Pour certains hôteliers, cependant, le système de classement obligatoire était un « gage de qualité ». Certains acteurs du secteur de l’hébergement touristique, qui voient dans le système en vigueur une façon de standardiser le parc hôtelier, auraient préféré une simple adaptation du guide de classification en fonction des tendances et avancées technologiques.

Un système similaire en France

En France, les hôtels peuvent faire l’objet d’un classement, quel que soit le nombre de chambres. Le classement n’est toutefois pas obligatoire, mais volontaire. C’est l’exploitant qui doit engager la demande de classement de son établissement auprès d’Atout France, l’Agence de développement touristique de la France.

Certains labels peuvent aussi être attribués par Atout France, comme l’Écolabel Européen et le label Tourisme & Handicap. L’Écolabel Européen, symbolisé par une fleur, signifie que l’hôtel a mis en place certaines mesures environnementales, alors que le label Tourisme & Handicap est accordé aux hôtels offrant un accueil et des services adaptés aux besoins des personnes en situation de handicap.

Le Bristol Paris
Le Bristol Paris, l’un des plus beaux palaces parisiens

La distinction « Palace », quant à elle, est aussi un dispositif volontaire accessible aux hôtels classés cinq étoiles. Créée par arrêté en 2010, elle a pour objectif de mettre en valeur l’industrie du luxe et du savoir-faire français et de permettre « la reconnaissance d’hôtels présentant des caractéristiques exceptionnelles tenant notamment à leur situation géographique, à leur intérêt historique, esthétique ou patrimonial particulier ainsi qu’aux services qui y sont offerts. »

Ce dispositif d’exception permet de valoriser sur la scène internationale les hôtels de France classés cinq étoiles et répondant à ce niveau de prestige. La distinction est accordée par le ministre chargé du Tourisme après vérification du dossier. Celui-ci doit répondre aux critères d’éligibilité et l’avis conforme d’une commission d’attribution.

La fin du classement par étoiles des hôtels du Québec, en bref

La fin du classement par étoiles obligatoire des hôtels du Québec est perçu comme une véritable révolution pour l’industrie hôtelière québécoise. La plupart des hôteliers se réjouissent de la fin d’un programme qu’ils considéraient comme étant « désuet » et « inadapté à la réalité actuelle. » Cependant, comme le programme persistera, mais sous forme volontaire, l’industrie hôtelière doit maintenant s’asseoir avec l’état afin de décider de ce qu’il adviendra de la classification des établissements.

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