La Commission européenne a accepté de prolonger de six mois supplémentaires la renonciation aux créneaux horaires des compagnies aériennes, ce qui devrait être une bénédiction pour l’industrie aéronautique européenne en difficulté.

Une reprise du trafic aérien n’est pas encore en vue, c’est pourquoi l’Union européenne (UE) a de nouveau étendu les règles spéciales pour les créneaux horaires, et ce au plus grand plaisir des compagnies aériennes. En effet, les compagnies aériennes n’auront pas à faire voler des avions vides afin de conserver leurs créneaux horaires, ce qui est non seulement une bonne nouvelle au niveau écologique, mais également au niveau des économies engendrées.

L’abolition de la stricte réglementation des créneaux horaires met fin aux vols fantômes

Selon les règles en vigueur, les compagnies aériennes doivent utiliser au moins 80 % des créneaux qui leur sont attribués, faute de quoi elles risquent de les perdre pour l’année civile suivante. La pandémie ayant pratiquement paralysé le trafic aérien, les compagnies aériennes ont été contraintes d’effectuer des vols fantômes lors des premiers jours de l’apparition du virus, et ce seulement pour ne pas perdre leurs créneaux horaires.

L’industrie, invoquant les dommages financiers et environnementaux horribles causés par le phénomène de ces vols fantômes, ont conjointement appelé à la suspension des réglementations précédemment applicables.

Avion sur le tarmac à l'aéroport

L’UE a décidé de suspendre temporairement ce règlement en mars et la Commission a maintenant confirmé le lundi 14 septembre qu’une analyse du trafic aérien actuel – qui ne s’est apparemment pas encore rétabli – est suffisante pour convenir d’une prolongation jusqu’au 27 mars 2021.

Le Parlement européen avait convenu de geler les réglementations problématiques du trafic aérien jusqu’en octobre, car les compagnies aériennes sont aux prises avec les effets de la pandémie sur leurs activités.

« Le rapport publié aujourd’hui montre que les volumes de trafic aérien restent faibles et, surtout, qu’il est peu probable qu’ils se redressent dans un avenir proche, a déclaré Adina Vălean, commissaire européenne aux Transports. Dans ce contexte, le manque de certitude concernant les créneaux horaires rend difficile la planification des horaires par les compagnies aériennes, ce qui rend la planification difficile pour les aéroports et les passagers. »

Une distorsion de la concurrence menace néanmoins

Les opérateurs aéroportuaires s’étaient initialement opposés à une prolongation pendant les mois d’hiver, car ils tirent des revenus des créneaux horaires. Toutefois, lorsque les compagnies aériennes ont accepté de garantir que la capacité inutilisée serait réattribuée à d’autres compagnies qui pourraient l’utiliser, ils ont finalement accepté le plan.

L’association sectorielle Airlines for Europe a salué l’annonce de la Commission, qualifiant cette dérogation de « cruciale pour la relance de l’aviation de l’UE. »

Vălean a toutefois révélé que le rapport de l’exécutif de l’UE a révélé des mauvaises pratiques persistantes qui font partie de l’exemption actuelle. « Les créneaux ne sont pas toujours cédés à temps pour permettre aux autres utilisateurs ou aux aéroports de planifier les opérations comme ils le souhaitent ; la concurrence peut également être faussée lorsque les compagnies aériennes tentent de faire des bénéfices en augmentant leur présence sur le marché sans faire un usage approprié de leurs créneaux et de leurs capacités aéroportuaires », a-t-elle averti.

La Commission européenne espère une dérogation volontaire

Les créneaux horaires sont un rouage lucratif dans les plans d’entreprise des compagnies aériennes.

La Commission s’attend maintenant à ce que le secteur respecte volontairement la renonciation aux créneaux horaires pendant les mois d’automne et d’hiver avant que l’extension n’entre officiellement en vigueur à une date ultérieure. Les membres du Parlement européen et du Conseil européen ont deux mois pour s’opposer au projet de la Commission, bien qu’il soit peu probable qu’il y ait des objections à cette approche largement populaire.

La prolongation de la règlementation sur les créneaux horaires en bref

L’un des problèmes les plus graves ayant constitué une épine dans le pied des compagnies aériennes européennes est celui des créneaux horaires, ou plutôt de leur réglementation stricte. Si les réglementations avaient un sens avant la crise, elles ont poussé les compagnies aériennes encore plus loin dans leur difficulté. Aujourd’hui, l’UE joue enfin en faveur des compagnies aériennes ; après tout, le transport aérien est encore loin d’être rétabli. Et il n’est pas nécessaire de multiplier les vols fantômes, qui sont particulièrement dommageables pour l’environnement.

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Il fut un temps où Max était plus souvent assis dans un avion que dans le tram, alors il a décidé de commencer à écrire pour expliquer à tous comment gagner des miles pour voyager sans se ruiner.

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