Anticipant la guerre féroce des prix et désirant réduire l’empreinte carbone des compagnies aériennes, un syndicat souhaite que le gouvernement règlemente le prix des billets d’avion.

Ce n’est pas un secret pour personne. L’industrie aéronautique est l’une des industries les plus polluantes au monde. Certes, de plus en plus de mesures sont prises par les compagnies aériennes et les constructeurs d’avion afin de réduire l’empreinte environnementale des opérations aériennes. Mais malgré tout, Eurocontrol dévoilait récemment l’énorme impact des vols long-courriers sur les émissions totales de CO₂ en France. Afin de réduire davantage l’empreinte carbone de l’industrie aéronautique, l’Union nationale des compagnies aériennes françaises (UNCAF) plaide pour une chose : imposer des tarifs minimum aux transporteurs aériens. Une vue d’ensemble.

Tarif minimum de 350 euros

L’Union nationale des compagnies aériennes françaises (UNCAF) a est un syndicat professionnel regroupant des compagnies aériennes françaises créé en 2019. Celui-ci s’est notamment fait connaître à travers plusieurs prises de position fermes au cours des derniers mois.

Avion dans le ciel

Cette semaine, celui-ci est revenu à la charge en plaidant pour l’imposition de tarifs minimums aux transporteurs aériens. Selon le syndicat, il s’agirait de la seule solution qui permettrait à l’industrie aéronautique française de « réduire son empreinte carbone » et de s’inscrire dans « la continuité des accords de Paris en matière de réduction » tout en soutenant « économiquement » l’industrie française.

« En imposant cette loi tarifaire, le gouvernement prendrait ainsi une décision forte, saine et utile en matière environnementale et en matière économique. L’impact de cette mesure sur la diminution des vols serait immédiate, et l’impact environnemental également immédiat, évitant ainsi de fabriquer des impôts et des taxes pour compenser. »

UNCAF

Les tarifs minimums proposés par l’UNCAF sont, pour ainsi dire, considérables. Pour les vols intérieurs – soit pour un vol Paris-Nice, par exemple -, le syndicat propose d’imposer un tarif minimum de 350 euros pour un aller-retour. Pour les vols à destination de l’Europe, la proposition se veut encore plus renversante : le syndicat propose un tarif minimum de 450 euros pour un aller-retour. Et du côté de l’international, il suggère que les vols aller-retour soient vendus à un tarif minimum de 550 euros. Ouch.

Contre le modèle low-cost

L’UNCAF n’a pas mâché ses mots en ce qui concerne les critiques qui risquent de pleuvoir suite à son annonce. Le syndicat appuie toutefois fermement sa proposition, mentionnant qu’il s’agit d’une « vraie stratégie, immédiate et verte » visant à apporter un « soutien à l’économie plutôt que de tirer des plans sur la comète avec des avions volant à l’essence de pissenlits en 2025. »

Selon le syndicat, les compagnies aériennes low cost sont à blâmer. Les compagnies doivent arrêter « de vendre à perte. » Les billets vendus à une trentaine d’euros ne couvrent bien souvent même pas les taxes. Et lorsque la demande reprendra après la crise sanitaire, les compagnies aériennes ayant reçu de l’aide des contribuables ne pourront se permettre de voler à perte.

« L’appétit féroce des low cost pour le marché français a eu pour conséquence une explosion du trafic aérien national et intraeuropéen, sur fond de distorsion de concurrence de par le positionnement des sièges sociaux de ces acteurs du low cost dans les pays à fiscalité complaisante et incitant certains à parfois bafouer le droit social Français. »

UNCAF

Les compagnies aériennes qui se battent ainsi pour offrir les prix les plus compétitifs auraient ainsi incité les consommateurs à croire « qu’un vol ne devrait pas coûter plus cher qu’un menu en restauration rapide. » Pourtant, l’impact que peut causer un vol sur l’environnement est beaucoup plus significatif.

La proposition de l’UNCAF en bref

L’UNCAF s’est fait principalement connaître pour ses opinions tranchantes au cours des derniers mois. Cette semaine, celui-ci est revenu à la charge en publiant un communiqué de presse demandant au gouvernement d’imposer un tarif minimum sur les billets d’avion au départ de la France. Et pas n’importe lequel. Selon le syndicat, les vols devraient être vendus à 350 euros, au minimum. Une déclaration qui risque de faire parler…

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