Ces derniers temps, les mauvaises nouvelles ne cessent de pleuvoir. C’est difficile d’être optimiste lorsque tout ce que l’on voit sur les réseaux sociaux se rattache à la pandémie. Afin de s’entraider dans ces temps sombres et de se faire comprendre que nous ne sommes pas seuls à vivre des moments difficiles, nous avons décidé de partager vos récits de voyage et de confinement.

Par conséquent, laissez-moi vous raconter mon histoire alors que j’ai été contrainte de revenir au Canada.

Aimeriez-vous nous partager un récit de voyage pendant la pandémie ou ce à quoi votre quotidien en confinement ressemble ? Si oui, n’hésitez pas à nous contacter par email à [email protected]. Nous adorerions entendre vos histoires !

Rentrer ou rester ?

Le message est clair : il faut éviter tout déplacement non obligatoire. La pandémie qui sévit à l’heure actuelle est principalement due à tous ces voyageurs insouciants qui ne peuvent s’empêcher de partir à la découverte du monde.

Au vu de la situation, ça fait quelques semaines qu’un débat entre nomades et sédentaires persiste sur les réseaux sociaux : est-ce mieux de rentrer à la maison ou de rester là où nous sommes ?

Personne ne connait la réponse à cette question, mais tout le monde (absolument tout le monde) semble avoir une opinion sur le sujet.

Alors qu’on aurait tendance à croire qu’il est mieux de rester là où nous sommes, les gouvernements demandent pourtant à leurs citoyens de rentrer au pays le plus rapidement possible.

Dimanche dernier, j’ai donc pris la lourde décision de tout laisser derrière et de rentrer chez moi.

Au Canada.

Vivre à l’étranger

Je vis à Berlin depuis maintenant six mois. J’ai pris la décision de m’y installer afin d’apprendre l’allemand (oui, pour vrai) et de partir en quête d’aventure.

Il semble que je sois malheureusement victime des maux de ma génération.

Plusieurs d’entre vous le savent : c’est pas toujours facile de s’installer à l’étranger. On est loin de notre famille, de nos amis. On doit se trouver un nouveau boulot, apprendre une nouvelle langue et se faire de nouveaux repères.

Le concept de chez soi n’a plus du tout la même signification.

On a un appartement, oui, mais il n’est jamais aussi confortable que celui qu’on avait avant, dans le pays nous ayant délivré notre passeport. Du moins, pas au début.

Lorsque le coronavirus s’est répandu sur toutes les lèvres, j’ai commencé à m’inquiéter. Je ne savais ni où était l’hôpital le plus proche ni comment dire « Docteur, je fais de la fièvre » en allemand.

C’est pourquoi, dimanche dernier, en pleine nuit, alors que je n’arrivais pas à fermer l’œil, j’ai pris la décision de rentrer au Canada. J’ai ouvert mon ordinateur, puis j’ai acheté des billets d’avion pour rentrer… Le jour suivant.

Croyez-moi, la décision n’a pas été facile. Loin de là. J’étais déchirée, puisque je sais pertinemment que, de nos jours, il faut éviter de prendre l’avion et de se déplacer. J’ai d’ailleurs annulé tous les voyages que je devais faire au cours des prochains mois.

Il y a toutefois une distinction à faire entre voyager et rentrer à la maison.

Dans une situation comme celle-ci, il n’y a rien de plus normal que de vouloir être avec les membres de sa famille. Après tout, personne ne sait combien de temps cette crise durera.

Un chemin pas de tout repos

Munie de gants de latex, d’un masque et de deux bouteilles de Purell, j’ai appelé un taxi et je suis partie pour l’aéroport de Berlin-Tegel lundi, aux aurores.

Je devais faire une correspondance à Paris-Charles de Gaulle, alors je savais que ce serait un très long trajet. J’étais prête, mais je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait.

Lorsque je suis arrivée à l’aéroport de Berlin-Tegel, j’ai été choquée. J’ai été choquée, car il n’y avait absolument rien de spécial. Tout était comme à l’habitude. Certes, l’aéroport n’était pas bondé, mais il n’était pas vide non plus. Il n’y avait que quelques personnes portant des masques.

C’est easyJet qui assurait la première partie de mon vol. L’avion n’était qu’à moitié plein, alors j’ai pu m’asseoir à l’avant, dans une rangée vide.

À ce moment-là, je n’avais qu’une idée en tête : « Quoi qu’il en soit, n’attrape pas le virus ». Je me suis assise droite comme une barre et je n’ai touché à rien pendant toute la durée du vol. Croyez-moi, ça a été l’heure la plus longue de ma vie.

Nous sommes arrivés à Paris-Charles de Gaulle une heure et demie après. Là, c’était une toute autre histoire.

Paris-Charles de Gaulle

L’aéroport était vide. Enfin, presque vide. Il n’y avait foule qu’en face des bureaux de service à la clientèle des compagnies aériennes. Je ne pouvais pas entendre ce que les gens disaient, mais je pouvais sentir qu’ils étaient agités. Très agités.

Justin Trudeau, le Premier ministre du Canada, venait de demander à tous les Canadiens de rentrer au pays le plus vite possible. Je présume donc que, dans cet attroupement, il devait y avoir de nombreux Canadiens qui tentaient désespérément de revenir plus tôt que prévu.

Partout ailleurs dans l’aéroport, il régnait un silence destructeur. Les quelques individus qui se trouvaient de l’autre côté de la sécurité se dévisageaient les uns les autres. Personne ne se parlait. Personne ne se touchait.

Paris-Charles de Gaulle

Je n’avais jamais rien vécu de tel.

J’avais quatre heures à tuer, alors je me suis dirigée vers le coin le plus éloigné que j’ai pu trouver. J’aurais pu me rendre au salon YotelAir Paris-Charles de Gaulle, mais je voulais éviter tout contact humain non nécessaire.

Lorsque j’ai su que je devais prendre un autobus pour m’y rendre, j’ai décidé d’aller installer mon campement dans le coin le plus reculé de l’aéroport. J’ai tout désinfecté et je m’y suis assise pour travailler.

Paris-Charles de Gaulle

Puis, l’heure de partir est enfin arrivée.

Rentrer à la maison

J’ai atterri à Montréal à 21 h 45 lundi dernier, soit juste avant que le Canada ferme ses frontières.

Au Canada, toutes les personnes revenant de voyage sont soumises à une quarantaine de quatorze jours, alors ma sœur est venue me chercher.

Je me suis assise sur la banquette arrière avec mon masque et une nouvelle paire de gants de latex. Il faisait -5 °C, mais nous roulions la fenêtre ouverte.

Une heure plus tard, nous sommes arrivées dans mon petit village natal, où mes parents vivent toujours. Je suis chanceuse, la maison compte un sous-sol qui se veut un appartement complet. Il y a une chambre et une salle de bain. Ma mère m’y a même aménagé un bureau afin que je puisse y travailler.

En arrivant, je suis allée glisser quelques mots à mes parents à travers la fenêtre. C’était difficile de ne pas pouvoir se serrer dans nos bras après avoir passé des mois sans se voir, mais la situation actuelle ne permet aucune erreur.

Ça fait maintenant trois jours que je suis en quarantaine. C’est pas facile. C’est pas facile de savoir que ma famille est juste à côté et que je ne peux les voir autant que je le voudrais.

Pourtant, passer deux semaines en quarantaine est très peu cher payer, sachant que je pourrai pleinement profiter de leur présence dans quelques jours.

Étant donné que personne ne sait combien de temps perdurera cette situation, je suis heureuse de savoir que, s’il m’arrive quelque chose, je pourrai profiter d’un système de santé que je connais, entourée des gens que j’aime.


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Auteur

Passionnée de voyages et de découvertes, Vicky est constamment à la recherche de nouveaux pays à explorer et de nouvelles cultures dans lesquelles s'immerger. Si vous avez des questions ou des commentaires, n'hésitez pas à la contacter par email et il lui fera un plaisir de vous répondre !

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